« Le meilleur indicateur de la réussite d'une politique de prévention des RPS, c'est l'absence de crise. »
L’Organisation internationale du travail (OIT) vient de publier des données inédites qui chiffrent enfin le coût des risques psychosociaux au travail. Pour les directions RH et les managers, ces données offrent un appui nouveau pour documenter le coût de l’inaction et défendre la prévention.
Le coût des RPS estimé pour la première fois
Paru le 28 avril 2026, le rapport Le milieu de travail sur le plan psychosocial : évolutions et pistes d’action mondiales s’appuie sur les données de l’OMS et de l’étude Global Burden of Disease pour produire de premières estimations mondiales. Selon l’OIT, les facteurs de risques psychosociaux seraient responsables de plus de 840 000 décès par an dans le monde, dont 784 000 liés à des maladies cardiovasculaires et 56 000 à des troubles mentaux. Près de 45 millions d’années de vie en bonne santé seraient perdues chaque année du fait de ces risques.
Du côté économique, l’OIT estime que les RPS au travail sont responsables d’une perte de 1,37 % du PIB mondial, soit plus de 1 500 milliards de dollars en 2024. Ces données permettent, pour la première fois, de prendre la mesure de ce que coûte une prévention insuffisante et de la faire reconnaître comme un investissement plutôt que comme une dépense.
Le paradoxe d’une prévention réussie
Cette quantification répond à une difficulté que connaissent bien les équipes RH. Jusqu’ici, le budget consacré à la prévention des risques psychosociaux restait difficile à défendre car ses retours sont, par nature, invisibles. Plus elle est efficace, moins ses bénéfices sont visibles.
« La santé, c’est le silence des organes » a écrit le poète Paul Valéry. « Pour les entreprises et institutions, c’est très similaire : le meilleur indicateur de la réussite d’une politique de prévention des RPS, c’est l’absence de crise. » résume Nicolas Ponchaut, directeur conseil chez Plein Sens.
La prévention ressemble en cela à une assurance, dont on ne mesure l’utilité qu’une fois qu’il est trop tard. Former les managers, mettre en place des dispositifs de régulation adaptés aux réalités du travail, veiller à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, c’est pourtant éviter des arrêts maladie, limiter le turnover et désamorcer des conflits, autant de coûts bien réels. Dès lors, comment passer du constat à l’action ?
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De la théorie à la pratique : l’importance d’agir en amont
L’urgence d’agir est d’autant plus forte que le travail se transforme rapidement. Le télétravail, l’hyperconnexion, la porosité entre vie professionnelle et vie personnelle ou encore le déploiement de l’intelligence artificielle exigent de réinterroger l’efficacité des dispositifs en place. Si le rapport de l’OIT distingue plusieurs niveaux d’action, de la prévention en amont à la prise en charge des situations déjà dégradées, la priorité doit être donnée à la prévention primaire : agir à la racine, avant que les difficultés ne s’installent.
Pour Plein Sens, cela implique notamment de soutenir activement le dialogue professionnel, de former les équipes RH et d’outiller les lignes managériales pour qu’elles intègrent ces enjeux dans leurs pratiques managériales et au cœur même des projets de transformation. « En matière de risques psychosociaux, les managers sont les premiers acteurs de la prévention », souligne Nicolas Ponchaut. En chiffrant ce qui était invisible, l’OIT a permis de déplacer le débat. Aux organisations désormais d’intégrer l’environnement psychosocial dans leur façon de piloter la performance, maintenant qu’elles disposent d’un ordre de grandeur pour en mesurer le poids.
Pour contact :
Nicolas Ponchaut – ponchaut@pleinsens.fr
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