Semaine de la qualité de vie et des conditions de travail 2023 #2 :

Le volet humain des projets de transformation digitale

A l’occasion de la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail 2023, Plein Sens met en avant des démarches visant des transformations et des transitions justes.  Que peuvent faire les entreprises pour mieux anticiper les impacts des projets de transformation digitale sur les conditions de travail, les besoins de compétences et la structure des emplois ? Comment aider les acteurs dans l’entreprise et en particulier dans le dialogue social, à se saisir de ces sujets et à objectiver les impacts des nouvelles technologies sur les conditions du travail et sur l’emploi ? Nous partageons ci-après quelques enseignements tirés d’une intervention récente d’appui à la mise en œuvre de la transformation digitale d’un grand groupe industriel leader sur son marché, au bénéfice à la fois de la qualité du dialogue social et de la soutenabilité des organisations du travail.

A l’instar de l’intelligence artificielle aujourd’hui, la digitalisation du travail a souvent pu rimer avec disparition du travail. Moins de besoins en femmes et hommes, place aux robots, aux machines, plus performantes, plus rapides, plus intelligentes, et … moins couteuses. Cette idée reçue est le point de départ de l’étude sur les impacts de la digitalisation sur le travail et l’emploi confiée à Plein Sens par le Comité d’entreprise européen d’un grand groupe industriel. Plutôt que de « mesurer » les effets des changements (évolution des tâches, des modes de fonctionnement, des interfaces et des types de collaboration, …), l’étude visait ainsi la représentation et la compréhension de la manière dont les acteurs concernés, en particulier les porteurs de projet, anticipent et prennent en considération le volet « humain » de la transformation digitale. Cette étude s’est appuyée sur : 

➡️ Près de 200 entretiens conduits dans 9 sites du groupe, avec un focus sur un projet digital précis dont le choix a été laissé à l’appréciation de chaque site. 

➡️ Un questionnaire adressé à 2000 salariés tirés au sort sur ces 9 sites. 61% des personnes sollicitées ont répondu au questionnaire, soit 1206 salariés.

Il ressort de l’étude que c’est la manière de concevoir et de mettre en œuvre les projets de digitalisation qui détermine les impacts sur le contenu et les conditions de travail et le vécu des salariés au travail, plus que les technologies elles-mêmes. L’appréhension des impacts de ces projets sur l’emploi apparait généralement trop limitée, ce qui complique l’accompagnement des travailleurs dans la transformation de leurs métiers. Trois phénomènes se conjuguent ici :

  1. La mise en discussion collective des projets digitaux porte essentiellement sur le « hard » (les technologies, les gains de productivité) et peu sur le « soft » (l’adaptation des compétences, la place de l’homme dans des environnements de travail digitalisés)​. 
  2. Les nouveaux risques professionnels, en particulier psycho-sociaux, auxquels exposent la transformation digitale sont peu anticipés. 
  3. A l’échelle d’un grand groupe, les transformations digitales sont intégrées dans une multitude de projets d’optimisation des process et des organisations, au risque de les invisibiliser.

En faisant le choix de mobiliser les partenaires sociaux sur cette problématique, et de mieux les outiller pour appréhender les défis des transitions technologiques, l’organisation dispose également d’un cadre de référence pour aborder et travailler de façon systémique :

  1. Les modalités de conduite des projets de transformation digitale ​(accompagnement au changement)
  2. L’anticipation des impacts du numérique sur l’évolution des métiers et de l’emploi​(GEPP)
  3. Les politiques de prévention face aux nouveaux risques professionnels induits par le numérique​(prévention des risques professionnels)

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