Etude sur la prise en charge des personnes vieillissantes vivant avec le VIH/SIDA

Vieillir avec le VIH est d’abord un étonnement, un phénomène auquel une génération de patients et de soignants n’était pas préparée tant le diagnostic de la séropositivité a été d’abord synonyme d’une vie fauchée précocément. Vieillir avec le VIH a d’abord été l’étonnement de patients asymptomatiques, puis plus massivement celui de patients qui ont pu bénéficier des trithérapies. Aujourd’hui, il semble que nombre de médecins qui suivent des patients atteints leur prédisent sans hésiter « qu’ils mourront d’autre chose ».

Si le virus, tardivement détecté, ou mal soigné faute de compliance ou de traitement adéquat continue de faire peser sur certains un risque infectieux majeur et en particulier à des âges jeunes, le plus souvent il est devenu le « compagnon », « celui qui est dans la maison » à très bas bruit de patients qui vieillissent. Et à force de vieillir, c’est-à-dire de vivre, certains atteignent l’âge où au vu de la société : on est vieux. De cet étonnement naît une nouvelle question quelque peu inquiète : comment vit-on âgé avec le VIH ?

Le nombre des personnes de plus de 60 ans vivant avec le VIH va croissant. Les questions du « comment vivre » avec le VIH avec l’âge prennent donc une acuité de plus en plus forte alors qu’elles ont été jusqu’ici peu étudiées. En lançant une étude qualitative sur la prise en charge des personnes vieillissantes vivant avec le VIH/Sida, la Direction générale de la santé (DGS) a souhaité que soit dressé un panorama raisonné de ce que peut poser comme questions nouvelles aux politiques publiques ce phénomène nouveau.

Le projet d’étude était inscrit à l’agenda du Plan National de lutte contre le VIH/SIDA 2010-2014 en réponse à un certain nombre de constats ou de craintes posées par le rapport d’experts de 2010 pour la prise en charge médicale des personnes infectées par la VIH sous la direction du Professeur Yeni, concernant la situation sociale des patients vieillissants. Ce rapport a permis à la DGS d’établir une première liste de questions évaluatives à laquelle l’étude devait apporter des éléments de réponse en décrivant en particulier : les parcours de santé des personnes, leur situation économique et sociale et l’impact de la pathologie sur cette situation, les expériences éventuelles de stigmatisation, et l’accueil dans les lieux de vie destinés aux personnes âgées.

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Par Eric Molière, le 24 avril 2013.